Monde du travail : le piège du règne de la quantité
Young business people in an abstract office environment are sitting in yoga lotus-pose and relaxing.

Pourquoi le système quantitatif nous enfonce dans la crise

 

Au cours d’un précédent article, je vous parlais, entre autres, de la nécessité de créer des transitions entre vos différentes activités. Le tout grâce à de petites pauses méditatives. Grâce à ces dernières, on a tendance à travailler plus efficacement sur un laps de temps plus court. C’est sur ce principe que j’aimerais revenir aujourd’hui, car il est capital dans notre rapport au travail. Peut-être vous direz-vous : « allons donc, encore un qui prétend avoir la solution à la crise ». Non, je ne prétends pas l’avoir ! En fait, je pense que la crise est complexe et multi-facteurs. Je souhaite explorer avec vous l’un de ces facteurs, qui est en fait intimement lié au monde du bien-être et du développement personnel.

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Le principe (malheureux) du système quantitatif

Le stakhanovisme, c’est le culte de la quantité. Certes, il est clair que certaines tâches passent par la quantité. Notamment tout ce qui concerne les tâches matérielles. Que l’on soit dans un état d’esprit positif ou non, cela a peu d’effets visibles sur une heure de ménage. Ce sont surtout les ressentis qui changent : on peut vivre cette heure de ménage dans la contrainte, ou dans la bienveillance.
Il en est de même pour certains métiers (caissier, barman, facteur…). Toutes ces activités demandent un certain nombre d’heures, difficilement compressibles.

Mais il existe également quantité de tâches et de métiers bien moins liés à la quantité, à savoir au nombre d’heures que l’on y passe. Notamment tous ceux faisant appel à la créativité, à l’enseignement, à l’art, à la communication. Le nombre d’heures reste un élément, mais ce n’est plus le seul. L’efficacité, l’état d’esprit, l’inspiration, la confiance en soi jouent également un rôle fondamental. Des notions trop peu prises en compte, que l’on remplace par deux éléments uniques : le lieu et le facteur temps.
. Être sur place, même de façon injustifiée (au bureau par exemple).
. Remplir un nombre d’heures précis, même de façon artificielle.

Quantité, qualité, rapport au travail

L’aspect qualitatif du travail n’a pas pour objectif de travailler le moins possible. Ce n’est pas une technique de fainéants. Cet aspect se concentre avant tout sur le résultat. Lorsqu’une tâche doit être effectuée, l’essentiel est qu’elle le soit bien, avec efficacité. Si on parvient à la remplir en vingt minutes plutôt qu’en une heure, il n’y a pas à en culpabiliser. Au contraire, on doit en être fier, s’en réjouir et en tirer profit. Mais l’aspect qualitatif et quantitatif s’accommodent mal. Ainsi, bien des employés ont tendance à allonger leur temps de travail de façon totalement artificielle. Car…

. Aller plus vite ne leur apporte rien : dans bien des travails, l’efficacité n’offre aucune gratification particulière.
. Il arrive que le boss « repère » celui qui travaille plus vite afin de lui demander toujours plus.
. Les collègues voient cela d’un mauvais œil. Jalousie, concurrence… par ailleurs, celui qui a terminé son travail plus tôt est paradoxalement vu comme un paresseux, car le travailleur DOIT absolument effectuer ses 7, 8 ou 10 heures journalières.

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De fait, qu’importe si l’on reste 9 heures d’affilées sans faire grand-chose : l’essentiel est de faire ses heures. Le stress se renforce, et qui plus est on travaille avec un sentiment d’inutilité, donnant de moins en moins de sens à l’existence. Pour créer la société de demain, je suis persuadé que nous devons revoir de fond en comble notre rapport au travail.

Vers une société du travail qualitatif

Sur quels pays prendre exemple ? Si on observe l’état de la crise dans le monde, on pourrait prendre la totalité des pays comme… des exemples à ne pas suivre. De nos jours, on parle de crise profonde partout : même au Japon, aux U.S.A., en Chine, en Suisse… Bref, même là où on pensait que la crise resterait relativement épargnée. Aussi, ce n’est pas la crise globale qu’il faut observer, mais certains fonctionnements dans leur détail. Notons ainsi que :

– Aux U.S.A., le télé-travail est bien plus développé que chez nous. Lorsque les tâches s’effectuent principalement par téléphone ou ordinateur, inutile de faire une heure de transports : on peut tout faire de chez soi. Moins de stress, cadre plus agréable, économie de temps et d’argent.
– La généralisation du fonctionnariat n’est pas une solution. Ainsi, dans les anciens pays sous dictature communiste, on pouvait croiser des restaurateurs n’ayant pas du tout envie de recevoir des clients, sachant que cela ne changerait rien à leur salaire. Et de fait : servant mal, et de mauvais cœur.
– Viser simplement un nombre d’heures à effectuer est contre-productif. Au Japon, il peut arriver que pour une intervention électrique, trois employés se déplacent alors qu’un seul aurait suffit.

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Propositions pour plus de bien-être au travail

Nous nous dirigeons peu à peu vers une société du travail qualitatif. La crise nous obligera à nous y mettre, coûte que coûte. Notre approche actuel du travail et de la finance fait tout chuter : notre moral, nos monnaies, notre qualité de vie, nos ressources. De fait, les solutions logiques et naturelles se mettront en place, par petites touches, que nous le voulions ou non. Autant prendre des initiatives et les mettre en place dès à présent.
Voici quelques modestes propositions :

. Distinguer les tâches solitaires des tâches communes. Et de fait, donner la possibilité à chacun de travailler de chez soi pour les tâches solitaires.
. Se concentrer sur le résultat, et non plus uniquement sur le nombre d’heures. Permettre aux salariés de faire moins d’heures pour peu que les objectifs soient atteints.
. Gratifier les résultats supplémentaires, afin que ceux qui souhaitent en faire davantage ne soient pas lésés (primes, actions dans la société…).
. Étudier le bien-être au travail : organiser des espaces de détente, des lieux pour faire la sieste au sein même de l’entreprise. Considérer l’état d’esprit dans lequel on est pour se mettre au travail.

Bien d’autres idées sont à trouver et à mettre en place. Certaines d’entre elles ont déjà cours dans des entreprises à travers le monde. À nous d’inventer la suite…

Cet article a 2 commentaires

  1. armin

    je viens de passer des nombreuses mois difficile, en faisans mon chemin de vie en avent et arrière et chaque fois je me suis heurter de diverse manière a l’obstacle
    théologico-politico-économico-science (nommer religion) on trouve nulle part une sortie de cette engouement, je viens a ma conclusion: rejetons les religions tout les problèmes disparaîtrons par enchantement !

    1. admin

      Je ne pense pas qu’il suffirait de supprimer les religions du monde pour que tout aille mieux… chez de nombreuses personnes, tout irait même pire si elles ne pouvaient pas pratiquer leur dogme. Ceci dit, personnellement je ne suis pas du tout un « amoureux » de la religion. L’essentiel est que vous parveniez à trouver votre épanouissement, que cela soit lié à quelque chose de cartésien, religieux, athée ou autre…
      Merci de votre témoignage 🙂

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