Faut-il brûler les raëliens et scientologues ? – le paradoxe du « bien-être allumé »

Dans mon article « Pourquoi toute « thérapie » fonctionne (ou les limites du témoignage positif) » je vous ai dis un mot sur 3 sectes célèbres. Ce terme de « secte » est mon ressenti personnel, et le ressenti de bien d’autres personnes… la grosse majorité en fait. Le mot est toutefois réfuté par les partisans de tels mouvements. Pour eux, il s’agit de lieux dans lesquels ils se sentent bien, où ils ont des amis, et même une sorte de famille. Certains y ont rencontrer leur futur conjoint(e) ou époux(se) et ont fondé depuis un foyer. J’ai lu bien des articles sur ce type de micro-sociétés. J’ai lu des interviews d’adeptes ou anciens adeptes, ai vu des reportages et des documentaires. Tous à charge, ce que je comprends. Ce n’est pas demain la veille qu’on verra un média publier des pages encensant un mouvement sectaire. Mise à part les parutions officielles desdites organisations.

Aussi, j’aimerais me pencher sur une question polémique et taboue sur laquelle personne ne s’est encore penché (tout du moins pas dans les nombreuses ressources que j’ai consultées) :

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Et si, pour certains, faire partie d’une secte était VRAIMENT salvateur ?

D’emblée, vous comme moi aurions tendance à répondre par la négative, sans réfléchir. Non, c’est tout simplement impossible, point. Il faut dire que les témoignages d’anciens adeptes portent lourdement atteinte à l’image des gourous.
Pour reprendre les 2 exemples les plus spectaculaires…
Plusieurs raëliens ont fait des déclarations très limites sur les rapports enfants-adultes. D’autres, anciens adeptes, parlent de mensonges, de manipulations, de bourrage de crâne.
Chez les scientologues, c’est pire… et bien plus sinistre. On compte des personnes suicidées, ruinées, tombées dans des dépressions particulièrement graves.
Il va sans dire que non seulement nous sommes formatés à rejeter ces mouvements, mais surtout que ce rejet est largement justifié.

Il est évident que certains adeptes « croient » aller mieux, aller bien. Et ce, pour plusieurs raisons (lisez-les bien, car ce type de manipulations peut intervenir dans de nombreux cas de figure, que ce soit dans la vie courant ou chez certains praticiens dits de « développement personnel ») :

– Parce qu’on les interroge sans arrêt sur leurs ressentis : si cela va bien, si cela va mieux ou non. Attention, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Tout dépend de la façon dont c’est fait. Si vous avez un doute et voulez tester la personne, faites l’essai de lui dire à un moment pris au hasard que vous ne ressentez rien, pas de mieux être. Et analysez bien sa réaction. Si elle l’accepte et y réfléchit avec vous, c’est bon signe. Si elle vous assure que c’est normal et que cela veut dire que votre Moi est en évolution, c’est mauvais signe.

– Parce qu’elles sont dans un milieu dirigé par un dogme. Le dogme n’est pas bien compliqué : ce que dit le gourou est LA solution, point. Si on ne le ressent pas, c’est nous qui avons un souci, pas lui.

– Parce qu’une communauté rompt l’isolement et crée du lien. Une fois qu’on est dans un groupe, on y a des amis, en tout cas des gens attentionnés envers nous. Si on a rejoint le groupe, c’est souvent parce qu’on était à la base dans une certaine solitude. Partir ferait plonger de nouveau dans la marginalité.

On pourrait sans doute trouver bien d’autres raisons. Mais… malgré tout cela, on trouvera toujours des adeptes heureux de vivre. Qui acceptent le dogme, qui y croient à fond, et en sont très heureux. Qui se sentent bien lors des séminaires et réunions, et y reviennent de leur plein gré et avec plaisir.

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Que faire face à un ami ou une connaissance sectaire ?

On n’en parle jamais car c’est une réalité gênante, et pourtant c’est une réalité. Imaginez que vous avez devant vous un raëlien heureux, ravi d’en être un, paraissant tout à fait bien dans sa peau. Vous apprenez à le connaître, et cherchez jour après jour un signe alarmant (ruine, forte dépression etc.)… en vain ! Ce qui vous perturbe. Que feriez-vous alors ?

Je laisse à chacun la réponse qu’il souhaite.
Pour ma part, voici les réflexions que me font venir cette supposition :

. Tout dogme est impossible ni à prouver, ni à réfuter. De toute façon, n’est « preuve » que ce que l’on souhaite appeler preuves. Qui pourrait prouver que Claude Vorhillon, alias Raël, n’est jamais allé visiter une autre planète et qu’il a tout inventé ? Personne. Évidemment, notre Claude a pris grand soin de ne mettre que des éléments invérifiables dans son histoire. En ce sens, il s’agit d’une croyance. Et chacun a la liberté de croire en ce qu’il souhaite. Moi je crois bien en la réincarnation. Est-ce plus rationnel ? De mon point de vue oui, mais ce n’est jamais qu’un point de vue.

. On a la liberté de croire en ce que l’on veut, mais ça ne doit pas être qu’un principe théorique. Un peu partout et notamment dans le monde de la francophonie, on aime avoir de grands principes en les appliquant peu, ou bien pas du tout. Si vous pensez qu’un ami est dans un mouvement/groupe/communauté peu sain pour lui, vous ne devez pas le rejeter ou chercher à faire le forcing. De même, si vous rencontrez quelqu’un et apprenez ce fait, ne le jugez pas et ne le rejetez pas. N’oubliez pas que c’est précisément une technique de ces mouvements : telle personne affirme son appartenance aux témoins de Jéovah à ceux qu’elle rencontre, se fait rejeter (on s’éloigne, on la prend pour une dingue…) et de fait, le seul et unique groupe auquel elle peut se raccrocher est et reste les témoins de Jéovah. Si elle les quitte elle n’a plus rien. Et elle n’a d’autant plus rien que cette appartenance l’isole. En acceptant VRAIMENT et pleinement la croyance de chacun, on lui offre une porte de sortie.

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. Nous sommes des êtes complexes, qui ne nous résumons pas à une étiquette, qu’elle quelle soit. Un écrivain n’est pas qu’un écrivain. Un religieux n’est pas qu’un religieux. Même un criminel n’est pas qu’un criminel. Et un membre d’une secte, bien évidemment, ne se limite pas qu’à cette appartenance. C’est une apparence montrant une partie de lui, uniquement une petite partie. S’arrêter à cette partie, c’est lui faire, en quelque sorte, insulte. C’est supposer qu’il n’est que cela, et rien d’autre.
(Songez à toutes les fois où l’on vous a peut-être jugé simplement sur votre look, couleur de peau, âge ou sexe).

Enfin, il appartient à chacun de juger ce qui est bon pour lui. Tout comme vous, j’ai du mal à admettre qu’une appartenance à une secte puisse faire du bien. Mais qui suis-je donc pour en juger ? Si telle personne de mon entourage se sent bien dans tel ou tel groupe, tant mieux pour elle, et qu’importe le groupe. C’est un principe difficile à appliquer, et qu’il faut pourtant s’efforcer d’appliquer coûte que coûte.

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