Il m’est arrivé de participer à des ateliers orientés bien-être lorsque j’étais dans une passe difficile. Voire même dans un état de grande souffrance. J’ai rencontré des gens convaincus, parfois trop. J’ai croisé des personnes volontaires, plutôt généreuses, soucieuses d’aider leur prochain. Il y a sans doute des charlatans dans ce milieu, et même un certain nombre… mais je ne pense pas en avoir encore croisé. Sans doute ai-je une bonne intuition ?

Cependant, ces rencontres, associées à mes nombreuses visites de sites et blogs portant sur l’évolution personnelle (il en existe désormais une foule) me porte à croire que les praticiens ont paradoxalement beaucoup de mal à percevoir les souffrances des autres. De fait, ils ont tendance à mal interpréter et à donner des conseils qui sans être mauvais, ne sont pas bien utiles. Je répète que je ne parle pas de cela pour jeter l’opprobre sur qui que ce soit, ni traiter je ne sais qui d’incompétent. En fait, il s’agit selon moi d’un problème d’ordre global, touchant tous les milieux.
Les hôpitaux,
Les thérapeutes,
Les psychologues et psychiatres,
Les praticiens bien-être,
Les enseignants, coachs, organisateurs de stages etc.

C’est ce qui m’a fait me poser cette question : « Les pratiquants bien-être vivent-ils en dehors des réalités ? » dont j’ai fait un article, que l’article présent vient compléter.

Quand l’enseignant du mieux-être s’enferme dans une matrice

Ce que l’on nomme « matrice », popularisée par le film Matrix, représente en fait un système de pensées. Notre façon de vivre nous force à faire des choix. On ne peut pas TOUT intégrer de ce que l’on vit chaque jour, il nous est impossible d’être éveillé en permanence, les cinq sens en éveil. De fait il est logique, pour tout un chacun, d’être attentifs à certaines choses et d’en « zapper » d’autres. Il arrive souvent, par exemple, qu’une personne passe devant un S.D.F. sans le remarquer. Est-ce du mépris de sa part, une forme de cruauté ? Sans doute pas. Simplement, le passant croisant dix S.D.F. par jour, son système de pensée s’y est adapté. Son subconscient lui met alors des sortes d’œillères, de sorte à optimiser sa journée. Et cela nous le faisons toutes et tous, que nous le voulions ou non.

Bien que cela ne semble pas logique, le souci du pratiquant bien-être est souvent sa foi. Sa trop grande foi en sa pratique. Au fond de lui, il pense détenir LA solution, et s’en tient à ce qu’il a appris. S’il est confronté à une souffrance qui n’entre pas tout à fait dans le cadre de son enseignement, il a alors tendance à mal l’interpréter. Soit il la considère peu, soit il la « zappe » vite fait pour passer à autre chose, ou encore il tient à donner des conseils mais qui seront quelque peu « à côté de la plaque ». En face, le participant n’osera pas le lui avouer, et le moment s’achèvera en apparence parfaitement bien, en réalité dans un climat d’incompréhension et de perplexité.

Comment pratiquer le développement personnel tout en restant vraiment ouvert

Aimez-vous magnétiser vos proches ? Pratiquer avec eux le yoga, leur apprendre des postures ? Donnez-vous de petites séances de massage, ou de méditation guidée ? (Ce ne sont que quelques exemples…). Voici, selon moi, ce qui est possible de mettre en place afin d’établir une véritable entre le(s) participant(e)(s) et vous-même.

– Considérez-vous uniquement comme un petit artisan du bien-être, et non pas comme un sauveur. Toute méthode, qu’elle quelle soit, peut fonctionner ou ne pas fonctionner. Ne le prenez pas pour vous. Lorsque ça ne fonctionne pas, généralement ce n’est pas lié à vos compétences et il n’y a rien de personnel. Ne vous persuadez pas que la personne DOIVE absolument se sentir mieux, guérir, ou évoluer grâce à vous. Plus vous vous en persuaderez, plus vous lui intégrerez cette idée en tête (même involontairement), et son esprit sera alors embrouillé.

– Quand vous ne comprenez pas bien un point (pourquoi ressent-elle cela, quelle est donc cette souffrance…), ne vous persuadez pas de savoir. Dites-lui que vous avez du mal à bien saisir, posez des questions. La plus grande erreur des praticiens est de croire toujours tout savoir.

– Ne demandez pas à la personne si elle a aimé ou si elle se sent mieux : elle répondra très souvent « oui », sincèrement ou par politesse. Interrogez-la plus précisément sur ses ressentis, ses sensations.

– Soyez dans le concret ! Si la personne vous raconte ses mauvais souvenirs pendant deux heures, à priori cela ne fera du bien à personne, ni à elle, ni à vous. Ne cherchez pas à résoudre les soucis du passé, ou à l’explorer sans cesse. Le passé est le passé, le voyage dans le temps n’existe que dans les films de S.F., on ne peut y revenir. Concentrez-vous plutôt sur les façons de se sentir bien maintenant, à l’instant présent, et au jour le jour. Ce sera mille fois plus efficace.

– Enfin, bien des gens étant dans un désespoir passager ou durable sont à la recherche d’un guide spirituel, ou d’un gourou. Ne soyez pas leur gourou, refusez de l’être. Si vous savez répondre à toutes les questions (en apparence), si vous vous donnez l’air de tout savoir sur tout, vous risquez de devenir « gourou » malgré vous. Nous sommes tous des êtres faillibles et limités. Même ceux qui enseignent telle pratique depuis 20 ans ne savent pas répondre à tout.

N’hésitez pas à me donner d’autres suggestions…

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